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"Le capitalisme corrompt les décideurs pour mieux se mettre à l’abri des foudres des peuples" (par P. Le Hyaric)

On n’a sans doute pas fini de ressentir les secousses dévastatrices de l’onde de choc provoquée par l’ignoble attitude de M. Jérôme Cahuzac. Cette affaire survient dans un climat général de putréfaction de la vie publique, où s’entremêlent dans de graves soupçons les noms de MM. Strauss-Kahn, Sarkozy, Tapie, Woerth, Guérini, de Mmes Bettencourt, Lagarde et d’autres encore, l’action politique est minée par un discrédit rampant dont il devient urgent de tirer toutes les conséquences. Le dégoût gagne nos concitoyens. Notre république a besoin d’un grand nettoyage.

Voici qu’un ministre chargé de traquer les délinquants fiscaux était lui-même un hyperfraudeur! Se réclamer des valeurs de la gauche et ouvrir un ou des comptes dans des paradis fiscaux révèle déjà une moralité politique plus que douteuse. Mais accepter d’avoir été nommé par la droite président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, puis par François Hollande ministre du Budget, relève de l’injure faite à la nation. Et qui peut certifier aujourd’hui que les premiers aveux aux juges ne dissimulent rien d’autre d’encore plus grave? D’où lui vient tout cet argent? Au-delà de la morale et de l’honnêteté d’un individu, c’est bien le système de l’argent roi, érigé en table de la loi de la réussite, de la compétitivité ou de la concurrence, qui permet l’évasion fiscale, les paradis fiscaux, les spéculations en tout genre. Le capitalisme corrompt les décideurs pour mieux se mettre à l’abri des foudres des peuples qui n’en peuvent plus de subir l’austérité, le chômage et la pauvreté qui galope en silence. Et des décideurs pour qui, comme M. Cahuzac, 
la lutte des classes n’existe pas, se laissent corrompre.

En ce sens, la politique politicienne qui se développe depuis plusieurs heures sur les écrans de télévision et le chahut parlementaire d’hier sont une offense au monde du travail, des retraités et de la création, dont le quotidien n’est fait que de souffrances sociales. Les mêmes bretteurs au portefeuille bien garni chassent ensemble et en meute les petites retraites, les allocations familiales, augmentent la TVA, sacrifient les services publics et veulent imposer, en ce moment même, une loi étouffée par cette affaire, qui offrirait le choix entre la baisse de son salaire et un emploi précaire. Toutes les élites qui ravalent désormais toute contestation au rang de populisme, mesurent-elles bien ce qu’elles sont en train de produire? La crise économique et sociale se double d’une grave crise de confiance. Et, dès lors que la vie publique est minée par les affaires, doublées de mensonges et de tricheries, auxquels s’ajoutent le non-respect des engagements pris avant les élections, une concentration inouïe des pouvoirs au sommet de l’État, un Parlement croupion, contraint d’obéir aux ordres des institutions européennes, nous nous approchons d’une crise de régime.

Quand les mots prononcés par les responsables politiques perdent toute valeur, seuls les actes politiques forts comptent. À commencer par la confiance qui ne pourrait renaître que de la transparence. François Hollande n’a rien annoncé hier de bien significatif. C’est une régénération de la démocratie qui est à l’ordre du jour. Plus la politique s’éloigne de nos concitoyens, plus ils la repoussent. Dès lors, les puissances d’argent dominent et mènent une politique contre celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre. Il est plus qu’urgent de se réapproprier la chose publique et de changer de république.

Il y a actuellement 1 réactions

  • L'argent corrompt les consciences

    Ne restons pas dans le constat, analysons les manquements de la démocratie libérale, pour sortir du marasme et du grand déballage qui ne fait que commencer. Proposons autre chose et autrement. On ne nous fera pas confiance sur notre bonne mine. Les 45 millions d’électeurs ont besoin d’assoir leur confiance sur une politique qui leur permet d’agir là où ils se trouvent, à l’entreprise, à la banque, dans la cité.

    Sans réévaluation de la démocratie où chaque prolétaire/citoyen se sent concerné et où il peut s’impliquer, rien ne changera. La démocratie libérale est à bout de souffle. C’est, à la source, là où se créent les richesses, à l’entreprise que chaque prolétaire/citoyen doit pouvoir décider de là, où les profits doivent être entreposés et de la redistribution (salaires, cotisations, investissements). A ce niveau là, la démocratie citoyenne libérale ne peut rien faire. Par contre pour que tout cela puisse se passer dans les meilleures conditions, il nous faut impulser le Démocratie Communiste, celle qui s’appuie sur la Transparence, la Désignation par Reconnaissance, la démocratisation du monde du travail et celui de la finance. Je te renvoi au texte Manifeste pour une Démocratie Communiste (essai) sous la rubrique du dernier Congrès.Je sais je sais personne ne lit, pas le temps.

    Pour changer de République il nous faut révolutionner la démocratie. C’est au plus profond de notre démocratie interne du Parti que nous trouvons les prémices du potentiel de l’évolution de la démocratie. C’est la Désignation par reconnaissance.

    Si nous continuons à alimenter le populisme de gauche, le peuple ne peut pas avoir confiance. Il ne veut pas de l’extension des conflits, ni du tous pourris, ni des stigmatisations de qui que ce soit. Il veut une révolution oui, mais dans le calme. L’ingrédient indispensable, la seule issue possible à tout cela, c’est la Démocratie Communiste. Pour relever le défi de la construction d’une autre société et autrement le communisme est la seule issue. Ce n’est pas l’alternative qui dépassera/abolira le capitalisme, c’est le mouvement, impulser par le moteur de la Démocratie Communiste qui viendra à bout de la pieuvre qu’est le capitalisme.

    Par Béziat Aline, le 07 April 2013 à 11:36.