Fédération PCF de Seine-saint-Denis (93)

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Hommage rendu par Hervé Bramy, au nom de la fédération du PCF 93, à Pierrette PETITOT le 14 septembre

Pierrette nous a quittés. Les adhérents, les compagnons de route du parti communiste français et les Villetaneusiens et les Villetaneusiennes dont elle s’est faite la porte-parole durant trente deux ans sont en deuil.

Notre peine est immense. Je veux vous dire combien vous pouvez être fiers et combien les communistes de la Seine-Saint-Denis sont fiers d’avoir compté Pierrette parmi les leurs.

Je veux voir un symbole au fait que cet hommage rendu à Pierrette, se tienne le jour de l’ouverture de la fête de l’Humanité 2014.

Toutes celles et ceux qui l’ont connu savent que Pierrette était une force de caractère. Elle ne s’en laissait jamais compter dès lors qu’il s’agissait de défendre l’intérêt des habitants de sa ville. Un trait de personnalité qu’elle a hérité de ses parents, ouvriers métallurgistes et syndicalistes, et qui s’est affirmé, dès le certificat d’étude obtenu, lorsqu’elle a du rejoindre l’usine à 13 ans.

Pierrette est alors un visage du mouvement ouvrier qui n’hésite pas à s’illustrer lors des grandes grèves de 1936 qui donnèrent tout son élan transformateur au Front populaire.

C’est à cette occasion qu’elle rencontre son mari, Raymond, responsable syndical de la biscuiterie, dont elle devient secrétaire, avant de l’épouser et de donner, par la suite, naissance à ses deux filles Michèle et Claudine. Immergé dans l’engagement militant, attachée aux valeurs de paix, de justice sociale et de solidarité, Pierrette rejoint le Parti communiste.

Son mari prisonnier de guerre, Pierrette déjà mère de famille, doit trouver un travail lorsque l’occupation allemande débute. Un voisin lui propose de devenir employée communale à Villetaneuse. Si elle concède que son bureau devait être orné d’un portrait de Pétain - une obligation - Pierrette poursuit clandestinement ses engagements politiques et reste organisée au côté des militantes communistes de la banlieue nord. Elle fait plus d’une fois preuve d’initiative et de courage et utilise son poste à la municipalité pour détourner des tickets de rationnement et les données aux femmes de déportés. C’est une des seules actions qu’elle concède, habitée de la modestie de celles et ceux qui en ont fait bien plus pendant la résistance…

Avec la capitulation de l’Allemagne nazie et l’arrivée des jours heureux, les femmes obtiennent enfin le droit de vote et d’éligibilité. Pierrette s’engage dans la liste municipale issue de la résistance et devient, très rapidement, l’une des toutes premières et l’une des plus jeunes, maire de France.  C’est une grande fierté pour les communistes d’avoir contribué dès cette époque à affirmer la place des femmes en politique.

Elle découvre, sur le tas, toutes les responsabilités d’un maire, dans une ville à reconstruire. Prenant appui sur les compétences des agents municipaux, elle mène à bien les priorités politiques qu’elle avait identifiées pour parer aux urgences les plus pressantes des habitants. C’est ainsi qu’elle entreprend des travaux de canalisation pour que tous les foyers aient accès à l’eau potable, qu’elle fait carrosser les routes détruites pendant la guerre. Elle mobilise des crédits important pour ouvrir des patronages laïques, achète une bâtisse à la campagne pour offrir aux enfants d’ouvriers de Villetaneuse, ce qu’elle n’avait pu connaitre dans son enfance, la découverte du grand air et l’accès aux loisirs et aux vacances, comme on disait à l’époque.

Elle montre – en ouvrant dès 1945 une consultation pour nourrissons - une attention particulière pour l’action sociale et la protection de l’enfance, prémisse de ce que sera la grande politique départementale de la famille et de l’enfance, dont on reconnait encore aujourd’hui toute l’importance et l’utilité.

Je n’ai pas connu personnellement Pierrette, mais je sais, pour avoir occupé la fonction de président du Conseil général combien sa détermination dans ce domaine reste un des fleurons envié de notre département. Ainsi c’est avec ses amies et camarades, Michèle Mitollo et Madeleine Cathalifaud, toutes les trois membres de la commission des affaires sociales, qu’elles bâtissent cette grande politique à la pointe de l’innovation, comme le nouveau Conseil général de la Seine-Saint-Denis a su en mener dans les domaines de l’environnement ou de la culture et qui caractérise l’originalité de notre département. Ces politiques pionnières ont été une grande avancée, sociale, sanitaire, féministe et pour les droits de l’enfant. Et c’est toute la Seine-Saint-Denis qui doit rendre hommage à Pierrette, Michèle et Madeleine pour les plus de 110 centres de PMI, les 54 crèches départementales, tant appréciées des familles de notre département, mais aussi du corps médical comme des professionnels de la petite enfance. Et ce combat reste d’actualité au moment où sont mis en péril les centres de dépistage de la tuberculose pour cause d’austérité gouvernementale. Or dans notre département, là ou la précarité sévit plus qu’ailleurs on a justement besoin d’infrastructure de proximité c’est le sens de la politique à laquelle elle a apporté toute sa créativité et qui garde  plus que jamais sa pertinence.

Je dois bien reconnaitre que présenter les choses ainsi, parait presque trop facile. Car pour Pierrette et ses amies, il fallait non seulement faire valoir des arguments pour l’émergence de cette politique publique, mais ce combat passait aussi par une affirmation du rôle des femmes au sein du monde de la politique et d’une assemblée plutôt  masculine.

Par sa personnalité, Pierrette a fait progresser le combat pour la place des femmes, la parité, le féminisme, au cœur de l’exercice de ses différents mandats. Et je sais que ce combat pour la place des femmes dans la société porte toujours aujourd’hui à Villetaneuse, par la voix de Carinne Juste.

Enfin, la plus importante réalisation de Pierrette Petitot, c’est bien évidemment le Villetaneuse moderne. C’est elle qui en l’espace de vingt ans a façonné le petit village d’agriculteurs de Villetaneuse en une ville ouvrière, faisant venir de l’emploi et des entreprises, construisant de nouveaux logements salubres pour y accueillir les salariés, des moyens de transports pour se déplacer plus communément, des terrains de sports et de nouveaux équipements scolaires, pour accueillir tous les enfants peuplant la ville.

Elle n’a pas lésiné sur le temps passé et sur son énergie pour aller chercher et obtenir les crédits permettant de construire un bel avenir pour les habitants de villetaneuse. Elle lorsqu’on lui refusait, elle contournait l’obstacle, car il en allait d’abord et avant tout de l’intérêt de la population. C’est ainsi comme elle l’a raconté qu’elle tenait absolument à faire construire une crèche pour permettre aux mères de famille, de continuer à travailler. Le financement lui étant refusé en raison d’un nombre d’enfants insuffisant sur la commune, elle contacta derechef son homologue de Saint-Denis, pour qu’il construise avec elle une crèche intercommunale à la lisière des deux communes.

Tout au long de son parcours, d’ouvrière à l’usine jusqu’aux responsabilités où elle a été appelée, Pierrette a montré que l’intelligence n’était pas affaire de diplôme. Elle n’avait obtenu que son certificat d’étude, mais elle montrait un profond respect pour l’éducation et son institutrice, vous savez ces instituteurs de la troisième république, qui donnaient comme elle le disait « aux prolétaires tous les bagages pour apprendre par eux-mêmes ». Produit de l’aristocratie ouvrière, Pierrette tenait à offrir aux enfants de Villetaneuse, la chance de poursuivre leurs études aussi longtemps qu’ils le souhaitaient. Ce n’est pas pour rien qu’elle a déployé des trésors de volonté pour faire s’installer à Villetaneuse l’université, un des aménagements majeurs sur sa ville, dont elle était peut-être le plus fière.

Durant toute sa vie, par ses actions, ses comportements exemplaires, avec son tempérament de battante, Pierrette a montré, sa détermination, pour représenter dans les instances ou elle siégeait, comme dans les relations humaines, son attachement à la classe ouvrière.

Pour la classe ouvrière, pour ce que tu as fait pour l’enfance et le droit des femmes, pour ton attachement à la défense des Villetaneusiennes et des Villetaneusiens, je tenais, au nom des communistes, à te rendre hommage Pierrette et à te dire une dernière fois : nous poursuivons tes combats !

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