Fédération PCF de Seine-saint-Denis (93)

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Agenda du 93
 
 
 

Jusqu'à quand devra-t-on supporter l'humiliation dans les villes populaires ?

Tribune d'élus communistes et progressistes du département, candidats du Front de gauche en Seine-Saint-Denis sur le racisme et les violences dans les quartiers populaires

Le jeudi 2 février dernier, un jeune homme, Théo Luhaka, a été victime d’un viol. Quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol. Cet événement a provoqué un vif émoi dans son quartier, mais plus largement dans de nombreuses villes populaires.

 

Les proches et le jeune homme lui-même, les habitants de son quartier ont exprimé leur volonté d’une application ferme des principes de justice. Ils ont fait preuve d'un courage et d’une responsabilité exemplaires en appelant au calme. Malgré les souffrances, ils refusent de transformer leur colère, légitime, en violence.

 

Le temps de la justice est un temps long, nous le savons, mais elle doit être la même pour tous. Nous vivons déjà ce scénario insupportable puisque des jeunes aulnaysiens ont déjà été condamnés en comparution immédiate après les nuits d’émeutes dans la ville sans avoir été pris en flagrant délit de dégradations ou de violences. Dix ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, il serait insupportable d'assister à de nouvelles scènes terribles de violences. Toutes les responsabilités doivent être clairement établies.

 

Nous, élus de Seine-Saint-Denis, sommes confrontés à ce climat social tendu. Nous voyons les dégâts causés tous les jours par les destructions d'emplois, les fermetures ou les dégradations de services publics et les discriminations dont nombre de nos concitoyens nous font part. Les médias n’ont à l’égard de notre département que des discours stigmatisant qui le présentent comme le repère des réseaux criminels, de l'intégrisme religieux et de la fraude sociale généralisée. Pour les séquano-dyonisiens c'est l'humiliation et la relégation quotidienne.

 

Les relations entre les forces de police et la jeunesse sont à cet égard symptomatiques. Elles constituent une violence supplémentaire pour ces jeunes dont la classe sociale, l'origine réelle ou supposée, la couleur de peau sont devenues des prétextes d'humiliation. Les rapports académiques ou institutionnels - y compris du Défenseur des droits – illustrent, les uns après les autres, ces pratiques dégradantes et discriminantes.

 

Comment dès lors en appeler à la République quand sa devise n'existe que sur les frontons des édifices publics ? Comment lutter contre l'abstention, en appeler à la participation citoyenne quand on ne reçoit que la violence comme réponse ?

 

Nous croyons que la République est la réponse à tous ces maux. Mais notre République ne joue plus son rôle. Elle doit se donner tous les moyens pour transformer ses valeurs constitutives en actes : Liberté, Égalité, Fraternité.

 

Il est temps d'agir pour en finir avec les contrôles au faciès et les pratiques parfois racistes dans l’institution policière. Nous refusons par ailleurs l’amalgame entre ces quatre policiers et l’ensemble des fonctionnaires de police.

Élus et citoyens ne sont pas contre la police, nous exigeons ici comme sur tout le territoire national le même droit à la justice, à la sécurité et à la tranquillité publique. Nous appelons même à renforcer leur nombre face aux politiques de réduction des effectifs, à renforcer leur formation et à rompre avec la politique du chiffre qui pénalisent le travail d’investigation, notamment contre les trafics. Construisons les missions de notre police républicaine avec les agents et leurs représentants mais aussi les citoyens, les acteurs spécialisés de la prévention, de l’éducation dans un dialogue responsable et d'intérêt général. Inventons une nouvelle police de proximité formée pour les mener à bien. Il est par ailleurs possible d’instaurer dès maintenant le récépissé de contrôle d’identité. Nous appelons à la constitution d’une mission d'enquête parlementaire sur les pratiques policières qui pourrait appuyer ce processus.

 

Agissons contre les discours de haine qui gangrènent notre société. Nous en avons assez d'être catégorisés comme un territoire de non-droit quand les évadés fiscaux, les délinquants en cols blancs, certains élus bénéficient de la plus grande mansuétude.

 

Depuis des années, nous sommes le laboratoire des politiques de régression sociale et de discriminations.

Pourtant, la Seine-Saint-Denis a besoin, au nom de l’égalité républicaine, que l’accès aux droits fondamentaux de tous ses habitants soit garanti, notamment, d’un renforcement de tous les services publics, car ils sont la seule richesse de ceux qui n’en ont pas.

Par-delà les mécanismes de péréquation existant, le renforcement de la solidarité financière entre tous les territoires est une urgence, plus que jamais indispensable !

 

Sortons de la logique stérile de l'austérité et construisons ensemble les résistances de demain.

 

 

 

Eliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRC

 

Patrick Le Hyaric, Député européen

 

Patrice Bessac, Maire de Montreuil

 

Meriem Derkaoui, Maire d’Aubervilliers, Conseillère départementale

 

Carine Juste, Maire de Villetaneuse

 

Laurent Russier, Maire de Saint-Denis

 

Azzedine Taïbi, Maire de Stains, Conseiller départemental

 

Taylan Coskun, Conseiller régional

 

Didier Mignot, Conseiller régional, président de l’ADECR

 

Dominique Attia, Pascal Beaudet, Belaïd Bedreddine, Silvia Capanema, Dominique Dellac,

Pascale Labbé, Abdel Sadi, Conseillers départementaux

 

Jean-Charles Nègre, Conseiller territorial, Vice-président d’Est Ensemble

 

Clémentine Autain, Frédéric Durand, Marie-Claire Lafon, Gaylord Le Chequer, Jean-Marie Touzin, candidats du Front de gauche aux élections législatives

 

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